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 DNA 06.01.16

Le « Gourmet bag » a ses adeptes

Les organisations professionnelles se sont mobilisées pour promouvoir un « doggy bag » (*) à la française. Les restaurateurs bas-rhinois se félicitent du succès de leur « Gourmet bag » malgré une gêne de certains clients.

Les restaurateurs sont ravis du succès enregistré par le « Gourmet bag », une initiative qui va être reconduite voire généralisée.  photo l’alsace

Les restaurateurs sont ravis du succès enregistré par le « Gourmet bag », une initiative qui va être reconduite voire généralisée. photo l’alsace

 

« Il y avait beaucoup d’initiatives personnelles pour éviter le gaspillage alimentaire : certains restaurateurs achetaient des boîtes d’emballage chez leur grossiste et proposaient, ponctuellement, à leurs clients d’emporter ce qu’ils n’avaient pas pu finir », rappelle Bruno Jahn, le directeur de l’UMIH-67 (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie). Les deux acteurs se renvoyaient mutuellement la balle : « Les clients nous disaient que les restaurateurs ne leur proposaient pas d’emporter les restes et les restaurateurs nous affirmaient que les clients ne le souhaitaient pas », poursuit-il.

Les clients acceptent si on leur propose

Profitant d’un partenariat national entre l’UMIH et TakeAway, mis en place il y a un an et demi, l’organisation patronale bas-rhinoise a donc décidé, en octobre dernier, de lancer sa propre boîte à emporter la fin de repas baptisée « Gourmet bag ».

« Pour tester l’opération, nous en avons fait fabriquer 5 000 avec le logo de l’UMIH-67, des maîtres restaurateurs et des chefs d’Alsace, partenaires de l’opération. 47 restaurateurs les ont toutes achetées et devant le succès de l’opération, nous avons décidé de procéder à une recommande », poursuite Bruno Jahn.

« Nos collègues du Bas-Rhin nous avaient fait part de leur initiative », confie Christophe Guillo, le directeur de l’UMIH-68. Mais les Haut-Rhinois n’y ont pas adhéré à l’époque. Cependant, au vu du succès rencontré dans le Nord de l’Alsace, une évolution est envisageable : « Le point sera évoqué lors d’une prochaine réunion de l’UMIH-68 pour s’associer au “Gourmet bag” voire pour lancer une initiative purement haut-rhinoise », explique-t-il.

« Cela se passe très bien dans notre établissement », constate Danie Douadic, la responsable de La Vignette à la Robertsau. Dans cet établissement du quartier aisé de Strasbourg, des clients repartaient déjà avec les restes des plats cuits dans les cocottes : « Nous achetions nos petites boîtes pour cela. Mais le “Gourmet bag” est plus joli et cela fait plus professionnel. De plus, il est clairement indiqué sur l’emballage qu’ils doivent consommer ce repas dans les vingt-quatre heures qui suivent », ajoute-t-elle.

Mais elle avoue que « les personnes âgées, celles qui laissent davantage de produits dans la cocotte, sont aussi les plus réticentes à accepter. Quant aux jeunes, ils terminent généralement leur assiette. » La centaine de « Gourmet bag » commandés est bien entamée et Danie Douadic est décidée à passer une nouvelle commande lorsque le produit sera à nouveau disponible.

Elle s’en est d’ailleurs beaucoup servie lors du dernier réveillon : « Arrivés à la fin du repas, les clients n’avaient plus beaucoup de place pour les desserts et les mignardises qu’ils ont pu emporter, ce qui a un peu amorti la dépense du repas. »

Deux guides contre le gaspillage

Même constat pour Marie Luce, la responsable du Rouget de l’Isle au centre-ville : « Certes, les clients sont un peu gênés, car ce n’est pas dans notre mentalité de demander à emporter ce qu’on n’a pas pu finir. Mais quand on leur propose, ils se laissent faire, un peu plus facilement pour les jeunes que pour les plus âgés. »

Au niveau national, l’UMIH, qui avait participé à l’élaboration du Pacte national contre le gaspillage alimentaire en juin 2013, se félicite du succès du programme TakeAway dont elle est à l’origine. Elle constate « une croissance de 300 % des ventes des boîtes », ces dernières semaines. L’organisation patronale publie d’ailleurs deux guides à destination des restaurateurs et hôteliers pour les aider à lutter contre ce gaspillage.

(*) Terme utilisé dans les pays anglo-saxons pour qualifier le sachet contenant les restes du repas (littéralement sac pour le chien) que les clients – notamment aux États-Unis où cette pratique est très courante – emportent chez eux pour le terminer lors d’un des repas suivants.