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SYSTEME AIRBNB / UN ENJEU POUR LES HOTELIERS ET L'EUROMETROPOLE


http://c.dna.fr/edition-de-strasbourg/2017/08/06/enregistrer-les-loueurs-collecter-la-taxe-de-sejour

Enregistrer les loueurs, collecter la taxe de séjour

Pour « réduire les distorsions de concurrence » entre les locations meublées et les hôtels, le lobby hôtelier préconise l’enregistrement des offres de locations sur les plates-formes en ligne auprès des communes ou groupements de communes. Un des enjeux connexes tient à la collecte par les plates-formes de location de la taxe de séjour. Collectée pour Strasbourg, cette taxe a été versée par Airbnb à l’Eurométropole en 2016 ; elle a rapporté 200 000 € à la collectivité.

 Il y aurait à Strasbourg en 2017 au moins 3 000 locations meublées et autour de 10 000 chambres d’hôtel, nombre en augmentation. PHOTO DNA - Laurent Réa
 

L’UMIH, groupement des hôteliers-restaurateurs, a lancé à l’échelle nationale une campagne de sensibilisation auprès de 1 500 communes et communautés d’agglomérations. Le but ? Sensibiliser les collectivités à l’importance de la procédure d’enregistrement des locations meublées et rappeler les dispositions existantes en matière de collecte de la taxe de séjour. « Il y a eu une évolution de la loi ; n’importe quelle commune peut imposer une immatriculation en mairie des locations meublées », indique Pierre Siegel, hôtelier, président du syndicat des hôteliers restaurateurs de Strasbourg et vice-président de l’UMIH départementale. L’organisation fournit aux communes des outils pour une mise en place rapide de cette procédure d’enregistrement. Pourquoi ? Tout simplement pour réduire les « distorsions de concurrence » entre l’offre hôtelière et les locations meublées. « L’intérêt des hôteliers restaurateurs est que les loueurs passant par Airbnb ou d’autres plates-formes respectent un minimum de règles », considère Pierre Siegel.

Les loueurs professionnels, cibles prioritaires

« Les 80 % de loueurs occasionnels ne nous dérangent pas outre mesure. Mais les 20 % de loueurs « professionnels » de meublés doivent déclarer leur activité, payer des charges sociales sur les tâches de ménage, et respecter éventuellement les obligations d’établissement recevant du public (ERP) si tout un immeuble est mis en location », poursuit l’hôtelier strasbourgeois. Alain Fontanel, premier adjoint strasbourgeois, rejoint Pierre Siegel : « Le non-respect de la réglementation ERP par des immeubles concentrant plusieurs logements Airbnb ou encore le statut fiscal des bénéfices » constituent selon l’élu des éléments de « concurrence déloyale ».

« Cela peut aboutir à des distorsions tarifaires de l’ordre de 70 % en défaveur des hôtels. Il y a de la place pour tout le monde, mais avec des règles », avance Pierre Siegel.

D’où l’enjeu des contrôles mais aussi d’une réglementation cohérente entre l’État et les collectivités locales. En matière de contrôles, Alain Fontanel confirme que les services de la collectivité ciblent les multi-propriétaires, multi-loueurs en ligne. « Nous avons donc lancé des contrôles sur ces multiples propriétaires de meublés touristiques pour s’assurer qu’ils respectent toutes les règles et en particulier celle dite de la compensation qui - de fait - limite le nombre de logements Airbnb par propriétaire. Ces multipropriétaires sur lesquels nous concentrons nos contrôles sont plus d’une centaine dans la mesure où, selon des données partielles, 3 % des offres seraient le fait de propriétaires disposant plus de deux logements », décrit l’élu.

« Nous sommes fermement opposés à tous ceux qui cherchent à faire des profits rapides et importants en rachetant plusieurs appartements pour les soustraire au marché locatif classique. C’est une concurrence déloyale et c’est contraire à notre politique de l’habitat, générant une pression accrue sur les loyers », poursuit Alain Fontanel.

Il y aurait à Strasbourg en 2017 au moins 3 000 locations meublées, proposées surtout via la plate-forme Airbnb. Sur ces trois mille locations, seules mille sont enregistrées auprès de la Ville, indique Alain Fontanel. En 2015, « il y avait autour de 500 locations meublées proposées en ligne », estime Pierre Siegel.

Airbnb collecte à Strasbourg, mais pas autour de Strasbourg

Parallèlement, il y aurait autour de 10 000 chambres d’hôtel, nombre en augmentation cette année. Plusieurs hôtels vont ouvrir dans l’agglomération strasbourgeoise, accroissant le parc de 400 à 500 chambres d’ici janvier 2018. « Le taux d’occupation moyen des hôtels strasbourgeois se situe autour de 65 % et le prix moyen par chambre ne progresse plus », affirme le représentant des hôteliers (lire l’encadré). Il rappelle que « la première motivation des touristes, c’est la destination Strasbourg et qu’ensuite vient le choix d’un hébergement, avec le prix comme variable de ce choix ».

La taxe de séjour est collectée par les hôteliers auprès de leurs clients, au profit des communes ou des groupements de communes. Mais ce n’est pas encore le cas partout en ce qui concerne les nuitées en locations meublées entre particuliers « gérées » par des plates-formes telles qu’Airbnb. Exemple : Airbnb collecte la taxe pour les nuitées passées à Strasbourg et reverse la taxe de séjour à l’Eurométropole. Mais paradoxalement, l’imposante plate-forme basée à San Francisco ne procède pas de même pour les logements implantés autour de Strasbourg, dans les différentes communes de l’Eurometropole.

Alain Fontanel, premier adjoint strasbourgeois, indique que le versement de la taxe de séjour par Airbnb est effectué depuis un an. « Airbnb reverse à l’Eurométropole environ 200 000 € sur douze mois pour la seule ville de Strasbourg (auxquels se rajoutent 60 000 € directement versés à l’Eurométropole par des propriétaires passant par d’autres plateformes). Nous poursuivons des discussions constructives avec Airbnb pour élargir ce prélèvement à l’ensemble du territoire de l’Eurométropole », indique Alain Fontanel.

 

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